Toutes ces choses que je ne voyais pas avant d'être végane

 

 

En devenant végane ce n'est pas seulement mon mode de vie qui a changé mais également mon regard sur ce qui m'entoure

Les pubs pour la viande et les produits laitiers

Avant je regardais ces pubs sans vraiment les voir mais maintenant je les trouve tellement hypocrites, La vache qui rit ne rit pas tant que ça en réalité... J'ai désormais la sensation que ces spots publicitaires nous vendent un monde à la Disney pour qu'on consomme leurs produits sans trop nous poser de question.

Des dérivés animaux partout

Depuis que je traque les dérivés animaux dans ce que j'achète j'ai réalisé qu'ils sont partout jusque dans les médicaments, la colle, les crayons de couleurs, la pâte à modeler, le maquillage, les pneus de voiture, la pellicule photo, les vaccins, certains billets de banque (le billet de 5 livres anglais notamment) et la liste pourrait continuer encore longtemps.

Ces trucs dégueux dans les listes d'ingrédients

Et en parlant de liste d'ingrédients j'ai réalisé également de quoi certains aliments étaient faits. L'exemple le plus percutant pour moi a été les bonbons, j'ai toujours adoré les bonbons en forme de bouteilles de coca.

Puis en devenant végane j'ai renoncé aux bonbons faits à partir de gélatine animale mais au delà de ça j'ai réalisé ce qu'était la gélatine. Elle s’obtient grâce à la cuisson du collagène qui est dans la peau, les cartilages, les muscles et les os. Tout ça est broyé, chauffé, hydrolysé, concentré et séché pour donner la gélatine que vous mangez dans les bonbons, personnellement je trouve ça écœurant.

Le rayon boucherie et poissonnerie

Toujours dans les supermarchés, il y a un rayon qui n'est plus anodin comme il a pu l'être par le passé: le rayon boucherie et poissonnerie. Quand j'étais petite j'aimais bien quand ma mère allait au rayon boucherie parce que ça voulait dire que j'allais avoir une rondelle de saucisse. Ce n'est plus du tout le même feeling maintenant! Quand je passe à côté des vitrines de viande et de poisson j'ai maintenant comme un sentiment d'absurdité et d'horreur, tous ces morceaux d'animaux découpés m'agressent, le regard fixe et mort des poissons, leur bouche ouverte dans un dernier rictus... C'est vraiment digne d'un film d'horreur.

C'est fou de se dire qu'on a vécu toute une vie à voir des morceaux de viande et à les manger comme si c'était rien et que maintenant je vois que c'est de la chair morte et ce qu'elle induit comme horreur.

Le monde à l'envers

J'ai aussi réalisé à quel point l'homme considère les animaux sauvages comme des envahisseurs ou des nuisibles qu'il faut réguler, et c'est quand même un peu un comble sachant que l'animal le plus nuisible actuellement c'est à mon avis l'Homme et pour autant on ne décide pas de tuer une nombre d'humains afin de réduire leur impact sur l'environnement comme on le fait avec les renards, les sangliers etc.

Le formatage carniste

En parlant de point de vue, j'ai remarqué en devenant végane à quel point les réactions des gens face à mon véganisme étaient souvent les mêmes, comme si nous étions formatés à penser d'une certaine manière: "mais on ne peut pas vivre sans viande", "mais tu ne manges plus rien alors".

La plupart des gens ne s'y connaissent pas en nutrition et pourtant beaucoup d'entre eux ont des certitudes sur le sujet comme le fait qu'on ne peut pas vivre sans viande.

J'ai cependant vu une évolution depuis 10 ans que je suis végane, de plus en plus de gens ont entendu parler du véganisme, sont intéressés par le sujet et ouverts.

L'aspect nutritionnel des aliments

En parlant de nutrition, avant d'être végane je ne me posais pas trop de questions à ce sujet, j'avais la confortable tranquillité d'esprit qu'ont la plupart des gens, on mange comme tout le monde, comme ont toujours mangé nos ancêtres, c'est donc que tout va bien, il faut juste faire attention à manger assez varié, des fruits et des légumes et pas trop de gras.

Avec le véganisme est né un nouvel intérêt envers la nutrition. J'avais perdu le confort de la masse et j'avais besoin de me former afin de trouver la sécurité non pas dans la masse mais dans le savoir. Cela a changé mon regard sur la nourriture, désormais quand je vois un repas ou des aliments je l'analyse, je vois les protéines, les bonnes graisses, les glucides, les sources de micronutriments, et j'arrive à voir si une assiette est plus ou moins équilibrée. Et j'ai cette soif de continuer à apprendre et à me perfectionner sur le sujet.

La peine derrière la beauté

J'aime me promener et souvent je croise des vaches ou des chevaux qui paissent dans leur pré. Avant seules m'inondaient l'admiration et l'émotion de voir de si beaux animaux. Depuis mon véganisme, cette émotion se teinte de tristesse; quand je vois des vaches je vois aussi des animaux en sursis qui ne savent pas quelle triste fin les attend, et quand je vois des chevaux je remarque désormais les clôtures, les fils électriques, j'ai l'impression de voir des animaux prisonniers d'un enclos bien trop petit pour eux.

Une société oppressive

Une autre chose que le véganisme m'a apporté c'est une sensibilité envers l'oppression et l'exploitation animale, je vois ses ravages dans beaucoup de choses du quotidien. Notre société s'est littéralement construite depuis des siècles en exploitant les animaux pour leur force de travail, leur chair et leur peau et si de nos jours on pourrait faire autrement et vivre végane, l'exploitation animale reste omniprésente et avec elle la conception que cela est tout à fait normal (carnisme et spécisme).

D'ouvrir les yeux à ce sujet m'a sensibilisée au système oppressif qui se transmettent de génération en génération dans notre société et je décèle désormais d'autres oppressions elles aussi très présentes comme la grossophobie, l'adultisme, le sexisme etc...

L'adultisme

C'est une réflexion que j'ai développée en devenant maman et je pense que mon véganisme a joué dans cette prise de conscience. L'adultisme consiste à accorder moins de droits et de crédit à un enfant qu'à un adulte pour la seule raison que c'est un enfant. C'est ainsi que lorsqu'un enfant exprime une opinion c'est un caprice ou de la désobéissance, il n'est pas décisionnaire de ses choix, de son corps (on le force à faire la bise quand il ne le veut pas par exemple ou on le force à manger alors qu'il dit ne pas avoir faim); l'adulte estime être en droit de prendre toutes les décisions pour l'enfant car l'enfant ne serait pas capable de savoir ce qui est bon pour lui. C'est également la raison pour laquelle des parents estiment être en droit de frapper leur enfant pour son bien alors qu'ils ne se le permettraient jamais avec un adulte: l'adultisme fait de l'enfant un sous humain dépourvu de tout droit.

Mon spécisme

En devenant végane j'ai réalisé que j'étais spéciste de bien des manières. Cela m'a connecté d'une certaine manière aux animaux, je suis plus empathique et surtout bien plus respectueuse. J'ai conscience que les animaux ont des émotions, des besoins et surtout des droits et que je dois les respecter. Je me rends compte aussi que le chemin n'est pas fini et que je suis encore spéciste pour certaines choses comme le fait de me sentir envahie par les insectes notamment les mouches quand je suis chez moi.

L'importance des repas pour le lien social

Une autre chose que j'ai réalisée c'est à quel point manger est important socialement. Chaque fête de famille, évènement public ou fête religieuse se célèbre autour d'un verre et d'une assiette et devenir végane a été parfois le grain de sable qui a enrayé le mécanisme bien huilé des conventions sociales: plus de foie gras ou de saumon à Noël, de gâteau d'anniversaire apporté par le collègue au travail etc... Il y a un moment de flottement au départ (que ce soit pour soi-même et pour les autres), le temps que tout le monde retrouve ses repères et comprenne que le plus important ce n'est pas ce qu'il y a dans l'assiette mais de se retrouver tous ensemble.

Mon ignorance

Devenir végane m'a fait réaliser mon ignorance: je n'avais jamais réalisé qu'une vache devait avoir un veau pour faire du lait et que ce lait ne nous était pas destiné, je n'avais jamais pris conscience que l'animal que l'on mange ne veut pas mourir et que la majorité des animaux quand ils arrivent à l'abattoir sont à peine sortis de l'enfance ou dans le cas du veau, de l'agneau que ce sont littéralement des bébés. Je n'avais jamais réfléchi aux conditions d'élevage, si c'était juste ou pas de manger de la viande, j'avais simplement adopté les choses comme elles étaient et sans me poser de question.

L'impact écologique de notre alimentation

Une autre chose que je n'avais pas réalisé c'est à quel point nos choix alimentaires ont un impact sur l'environnement. Au départ je suis devenue végane pour les animaux et ensuite je me suis mise à lire sur le sujet et j'ai été horrifiée de voir les conséquences écologiques désastreuses de l'élevage.

Je vais pas vous faire un exposé sur le sujet, n'hésitez pas si ça vous intéresse à aller voir sur le site de cowspiracy.com. En gros l'élevage:

  • c'est la cause principale du changement climatique

  • l'élevage produit plus de gaz à effet de serre que toute autre activité humaine, plus que tous les modes de transport combinés

  • L'élevage est la première cause des extinctions d'espèces, des zones mortes dans les océans, de la pollution de l'eau et de la destruction de nos habitats.

Nous sommes des consommacteurs

Et en réalisant tout ça j'ai aussi compris que je pouvais agir, que mes choix avaient un impact et que je pouvais décider de condamner ou de soutenir quelque chose en y participant ou pas, en le finançant ou pas.

Je sais en quoi je crois

Devenir végane m'a donné une échelle de valeurs, des repères intangibles. Adolescente j'avais tendance à penser que tout était un dégradé de gris, mais le véganisme m'a montré qu'il y avait aussi du blanc et du noir, qu'il y avait des causes pour lesquelles je pouvais m'affirmer et me battre parce que je sais au plus profond de moi qu'elles sont justes.

Une télévision biaisée

Avant, ce qui était dit à la télé avait pour moi argument d'autorité, mais de voir que tout ce que j'avais réalisé grâce au véganisme s'était fait sans la télévision et qu'en plus les médias ont souvent un biais clairement carniste et spéciste (spéciale dédicace au journal de 13h de TF1).

Je ne considère plus la télévision comme objective, elle est faite par des humains et reflète leurs biais et leurs préjugés.

Des composés toxiques dans les cosmétiques et nos maisons

Quand je suis devenue végane j'ai dû changer la plupart de mes produits cosmétiques et je ne pourrais pas expliquer pourquoi mais cela a aussi éveillé en moi l'envie d'aller vers plus de naturel, je n'ai pas seulement traqué les ingrédients d'origine animale, j'ai aussi banni certains composants identifiés comme toxiques et j'utilise désormais beaucoup de produits bruts. J'essaye aussi de limiter les toxiques dans mon environnement: d'acheter mes meubles d'occasion, je nettoie chez moi à la vapeur sans plus aucun produit de nettoyage, ma lessive est bio... Je débute à petits pas dans le zéro déchet, la couture... Le véganisme m'a aiguillé vers une consommation plus raisonnée et vers une réflexion plus globale de mes actes.

Et voilà j'ai fini cette liste de toutes les choses que je vois depuis que je suis végane. Ce que j'en retiens c'est que quand on ouvre les yeux sur une oppression comme celle que subissent les animaux c'est comme un voile qui se lève devant nos yeux. Cela n'a pas toujours été confortable et pourtant je n'ai jamais regretté d'être devenue végane, je ne voudrais pas revenir en arrière car j'ai la sensation que devenir végane a fait de moi une personne plus sensible, plus consciente et plus juste.